Dimanche 27 décembre 2009, après avoir passé deux jours dans l’univers du jeu et de la débauche en tout genre, je rejoins l’aéroport pour prendre un avion qui à 10h00 décollera de Las Vegas pour San Francisco. Les attentats manqués du 25 décembre à Detroit, ont renforcé la sécurité mais aucune paranoïa perceptible dans l’aéroport.
San Francisco se trouve à 650 km à vol d’oiseau de Las Vegas mais la Sierra Nevada empêcher toute communication routière entre le Nevada et la Californie. Pour se rendre à San Francisco en voiture, 12h sont nécessaire pour parcourir les 1000Km et avec les transports en commun, bus ou train, l’escale par Los Angeles allonge le voyage à 2 jours. J’ai donc choisi le transport le moins écolo mais le plus rapide qui me fait arriver à San Francisco à 11h après seulement 1h vol.
Un fois au sol, je suis les indications «BART» indiquant la direction du métro de San Francisco. Celui-ci est directement relié à l’aéroport. Au guichet, la charmante dame me montre du doigt un distributeur de billet automatique pour acheter mon billet. Il ne s’agit pas de tarif fixe mais d’un prix correspondant à la course que vous aller effectuer. Je tapote donc sur le clavier le nom de la station du métro à laquelle je descends C.I.V.I.C - C.E.N.T.E.R., paie le tarif indiqué par la machine et me voici avec mon billet en main. Un flot de voyageurs tente de rentrer dans la rame qui arrive et me voila coincé par les énormes valises qui empêchent tout mouvement. Je devrais attendre quelques stations avant de pouvoir me faufiler pour atteindre un siège, et 40min de voyage pour arriver à Civic Center.
Une fois sortie du métro, je me mets en quête de l’auberge. Avant de quitter Las Vegas, j’avais imprimé une petite carte « google map » avec dessus l’adresse de l’auberge mais sur laquelle on ne voyait pas les stations du métro. Pour ne pas marcher des heures avec mon sac, je préfère demander ma route directement à une passante. Froide et sans même me regarder elle m’envoi balader d’un revers de la main. Pensant que ce doit être une mauvaise journée pour elle, je tente ma chance avec un autre passant avec qui j’obtiens la même réaction. C’est plus tard que je comprendrais leurs comportements ! Ce n’est pas grave je me souvenais que l’auberge se trouvait au nord de la station de métro, je vais donc marcher dans cette direction, et finirais bien par croiser la rue de l’auberge. Je remonte donc la rue leavenworth Street qui d’après le plan a une intersection avec la rue Ellis Street sur laquelle se trouve l’auberge (au 685).
Tandis que je remonte la rue, je constate le grand nombre de sans abris présents dans la rue. Au moins 15 fois le mot « change please » avec une main tendue en ma direction. Pendant quelques instants je pensais être dans un mauvais film mais c’est malheureusement bien la réalité dans lesquelles vivent ces pauvres gens. Cela m’a fait comprendre pourquoi les habitants du quartier ne daignent plus répondre lorsqu’on leurs pose une question. Après 10 min de marche, je croise Ellis Street, je tourne à gauche et distingue au loin le logo de l’hostelling international.
Je me présente à l’accueil pour me faire enregistrer et au cours de la conversation demande au réceptionniste pourquoi j’ai rencontré un tel nombre de sans abris alors que je pensais la Californie riche et socialement évoluée. Celui-ci m’explique alors que le très libérale Arnold Schwarzenegger et actuel gouverneur de Californie a adopté de nouvelles mesures draconiennes pour réduire la dette colossale de son état. Plutôt que d’imposer les riches, moteurs économiques de l’état, il taxera la classe moyenne et sabrera dans certains budgets qu’il jugera moins utile. C’est ainsi que l’aide aux centres qui accueillaient les personnes socialement inadaptées a été supprimée et a donc obligé ces personnes à se débrouiller comme elles le peuvent pour survivre. Cette reforme a eu comme effet de faire grimper la criminalité à San Francisco qui désormais est passée devant Los Angeles en terme d’homicides.
L’auberge du centre ville est vraiment agréable et très propre. L’âge des clients de l’auberge va de 18 à 70 ans ce qui lui confère une ambiance multi générationnelle que j’apprécie particulièrement. Une fois la paperasse administrative remplie, je dépose mon sac, avant de commencer la découverte de la ville.
En ressortant de l’auberge, je remarque une sandwicherie qui propose une grande variété de choix à un prix très intéressant (Lee sandwiches sur la rue Larkin).
Mon repas en main je débute ma visite par le Civic Center, un ensemble de bâtiment considérés comme un des complexes style beaux art les plus beau des USA. On y retrouve la Plaza des Nation Unis, le City Hall, le James Lick Memorial (hommage à James Lick, qui grâce à la ruée vers l'or était devenu l'homme le plus riche de Californie lorsqu’il décéda en 1876), la statue de Simon Bolivar, un cadeau du Venezuela et aussi le musée des arts asiatique que je décide de visiter. Pour $12 par adulte vous avez accès à l’un des plus grands musées au monde consacré à l’art asiatique. Sa collection comprend plus de 15 000 objets couvrant 6 000 ans d’histoire. Le musée est très intéressant et la partie Japon me fait remémorer mon voyage au Japon effectué en 2004.
Je passe un bon 3 heures à le visiter et lorsque je ressorts, c’est déjà la nuit. Comme j’en ai plein les pattes de ma journée, je décide de retourner à l’hôtel. Avant de rentrer je m’arrête dans un dépanneur de quartier pour acheter une soupe chinoise sans goût à 1$ qui constituera mon souper. Bien fatigué je ne tarde pas pour aller dormir, mais avant je jette un œil sur la météo du lendemain, il prévoit un temps gris et brumeux le matin. Comme j’avais programmé d’aller voir le Golden Gate Bridge, inutile de se lever au aurore car il n’y aurait aucune visibilité.
Lundi, je sors l’hôtel vers 10h00 pour me rendre au Golden Gate Bridge ce célèbre monument mondialement connu. San Francisco n’est pas une ville très grande et letransport en commun bien implanté. Pour aller au pont, je prends le bus 31 puis le 28 qui me m’amène à destination en moins de 30 min. Attention au retour de prendre le bon bus 28. Il y en plusieurs lignes 28 qui desservent des parties différente de la ville. Je me suis fait prendre ! Je ne comprends pas pourquoi ils n’ont pas des numéros différents?
Le Golden Gate Bridge est le pont qui relie San Francisco à Marin County séparé par la bais de San Francisco qui se jette dans l’océan Pacifique. Il fut inauguré en 1937 après 5 ans de construction et était alors le plus grand pont suspendu au monde. Il devint un symbole international de San Francisco et de la Californie. En quelques chiffres le pont mesure 2,737 m de long et sa hauteur est de 227 m. Le passage libre sous sa structure est de 220 m.
Dans un premier temps, plutôt que de traverser du pont, je préfère emprunter l’un des sentiers piétonniers. Ce chemin longe la côte qui est vraiment belle et certains endroits me font même penser aux sentiers des douaniers de la Bretagne. En contrebas je peux apercevoir de nombreux surfeurs jouant avec les belles vagues que leurs offre le pacifique. De retour au pont, c’est déjà midi et avant de manger je vais traverser le pont en pensant trouver un restaurant ou tout du moins un fast-food de l’autre coté à Marin County.
Le temps couvert réduit la visibilité sur la baie et San Francisco mais c’est le bruit assourdissant des flots de voitures qui passent à vive allure à coté de moi qui me gâche un peu mon plaisir. Peu importe, car mon baladeur remplacera bien vite l’horripilant bruit des grosses cylindrées V8 au profit des harmoniques bien plus mélodieuses de la station local KFOG 104.5 . Voila de quoi rendre cette ballade bien plus agréable.
Arrivé de l’autre coté du pont, je ne trouve qu’un parking de voiture et un point de vue sur la baie mais absolument rien à se mettre sous la dent. Comme je suis vraiment affamé je n’ai pas trop envi de remarcher 40 min dans l’autre sens ! Je me dirige donc vers les bus présents sur le parking mais, problème, ce ne sont que des bus touristiques qui font une halte à cet endroit pour la vue mais pas moyen de monter à bord. Bref, pas le choix que de solliciter mes pieds pour un autre 40 min. Avant de reprendre la traversée je vais faire quelques photos depuis Hendrik point, d’où l’on a les plus belles vues sur le pont.
Lorsque je reprends le bus en direction de San Francisco, il est déjà 15h30 et j’ai bien du marcher 15km. Mes pieds me font regretter de ne pas avoir acheté des bonnes chaussures de marche en utilisant leur seul moyen d’expression : LA DOULEUR. Malgré tout, cela en valait vraiment la peine.
De retour à San Francisco, je termine ma journée en parcourant le quartier chinois, le plus ancien d’Amérique du nord. Même si la population du quartier chinois de New York est aujourd’hui plus importante qu’à San Francisco, il reste le quartier ayant la plus grande superficie en dehors de l'Asie. L’histoire de Chinatown commence en 1848 lorsque 2 hommes et une femme d’origine chinoise arrivent à San Francisco. Un an plus tard, la découverte d'or à Sutter's Mill, change la face du quartier en attirant des milliers de nouveaux immigrants.
Ma visite débutera par la Chinatown Dragon Gate avec le dragon qui veille sur le quartier. Située à l’intersection Grant av. et Bush st. la porte date de 1970 mais sa construction fut faite dans le respect des traditions orientales. A quelques pas de la porte, la cathédrale Old St Mary construite en 1854 et qui fut la première cathédrale de San Francisco et de la Californie. Elle résista au tremblement de terre de 1906 mais fut très endommage par l’incendie qui s’en suivit. On raconte que l’intensité de l’incendie a fait fondre les cloches et l'autel en marbre.
Juste à coté de la cathédrale, un resto le Far East Cafe dans lequel je pourrais enfin manger un morceau. Après cela, je remonte l’avenue Grant jusqu’au croisement avec Washington Street, où je découvre un autre point intéressant du quartier, le old chinese telephone exchange (aujourd’hui une banque). Jadis il s’agissait de la maison du central téléphonique, où les opérateurs devaient connaître chaque citoyen du quartier par leur nom, leur adresse et même leur profession. En outre ils parlaient en plus de l’anglais cinq dialectes chinois. Si le destinataire d'un appel n’était pas chez lui ou au travail, on raconte qu’un coureur était envoyé à sa recherche.
En continua vers le nord, je m’arrête dans l’étroite Beckett Street ou se trouve le temple Ma-Tsu (facilement repérable grâce aux lanternes orange (元宵节 - yuan xiao), suspendues sur sa façade) qui est dédié à Matsu la déesse de la mer. Le temple a été officiellement répertorié le 14 mars 1986 comme une institution religieuse à but non lucratif. Il s'agit d'une succursale du temple de Beigang à Taiwan.
Avec une petite donation vous obtiendriez un porte-bonheur à porter autour du cou.
Je poursuivrai vers le temple Tin How , à quelques rues de là. C’est Day Ju l'un des 3 premiers immigrants chinois qui arrivèrent à San Francisco en 1848, qui consacra le Temple Tin How à la Reine du Ciel et à la déesse des sept mers en 1852. Tin How est le plus ancien temple chinois aux Etats-Unis. Juste à coté se trouve le temple Norras, appelé ainsi pour honorer le temple du même nom au Tibet. C’est le plus ancien temple bouddhiste de la ville et son autel en bois fut directement importé de Chine en 1959.
Ma visite se terminera par le temple Ching chung un temple Taoïste qui fait face à la cathédrale old St Mary et me voici revenu à mon point de départ. Comme c’est la fin décembre, les journées sont courtes et la nuit qui est tombée depuis une heure m’oblige à abréger cette visite du quartier Chinois.
La durée des journées est vraiment le seul inconvénient pour visiter San Francisco en hiver car la ville profite d’un climat tempéré avec une amplitude thermique modérée, 14°C degré en hiver et 23°C en plein été, il n’y a donc pas de saison à éviter.
De retour à l’auberge, je fais plus amples connaissances avec mes colocataires de chambre rencontrés la veille. Comme toujours dans ce genre d’endroit le monde entier est présent (français, coréen, Texan…)
Mardi,ce matin je vais à Fishermans wharf (Quai des pêcheurs) situé dans le nord de la ville. Ce quartier de San Francisco est la destination touristique la plus populaire et de nombreuses activités y sont proposées ; un aquarium, un musée de cire ou encore le parc de l’histoire la marine marchande de San Francisco. C’est cette dernière que je m’apprête à visiter.
Pour 5$ vous avez accès à la visite du Balclutha, un trois mat de 1886. La visite est libre et ce sont des vidéos disséminées çà et là dans le bateau qui content l’histoire de cette fierté San Franciscaine. Le navire servi tour à tour pour transporter du bois employé à la fabrication des mines d’argent en Australie, puis lorsque l’activité diminua le navire fut rebaptisé Star of Alaska et utilisé pour ramener du thon en conserve péché en Alaska. Finalement il finit sa carrière en 1935 dans le tournage du film Les Révoltés du Bounty.
Alors que je sillonnais le bateau des grommellements se faisait entendre sans que je puisse en identifier la source. C’est finalement en ressortant du bateau que je tombe nez à nez avec des lions de mer accotés sur le quai, bronzant au soleil et poussant de puissants grognements aux passages des touristes.
Déjà midi, qui dit proximité de l’océan dit produit de la mer. Il n’en fallait pas plus pour me persuader de changer mes habites gastronomique du sandwich de voyage, pour un bon restaurant gastronomique sur le bord du port the CASTAGNOLA. Le service, la nourriture et la vue sur le port tout est parfait, seule la belle petite ardoise à la sortie était un peu moins bien. Le prix pour un plat avec 1 verre de vin s’élève quand même à 50$ par personne, pourboire inclus.
Le repas terminé, rien de tel pour digérer qu’une petite ballade sur l’eau pour me rendre dans la célèbre prison d’Alcatraz. L’embarquement se fait à partir du quai 41 mais lorsque j’arrive devant la billetterie j’ai la mauvaise surprise de voir inscrit sur une pancarte « sold out » tous les bateaux sont complets et cela pour les 4 jours à venir. Je ne pensais pas l’activité aussi prisée. Je vous conseille donc, si vous êtes intéressé pour visiter Alcatraz, de réserver par internet au moins 5 jours à l’avance ici : www.alcatrazcruises.com
Je dois donc désormais changer mon programme pour l’après midi, et c’est finalement vers la Coit Tower (Ne pensez pas à mal !) située à 1,5km de l’embarcadère que je me dirige. Il s’agit de la tour la plus élevée de San Francisco inaugurée en 1933 et qui en son sommet, prévoyez 5$ pour la montée dans le vieil ascenseur d’origine, offre une vue dégagée sur baie de San Francisco, et plus particulièrement sur le Golden Gate Bridge, l'île d'Alcatraz et les quartiers d'affaires. En attendant de monter dans l’ascenseur, je profite des nombreuses peintures murales situées dans le corridor et qui représentent les scènes de vie des habitants au début du XX siècle.
Pour accéder à la tour, deux options ; le bus #39 à partir de Fisherman's Wharf ou la bonne marche à pied qui offre l’opportunité d’utiliser des petites ruelles et escaliers inaccessibles aux voitures et ainsi découvrir des jardins et maisons typiques à San Francisco. Par contre un bon cœur est nécessaire car pour arriver à la tour ça monte raide.
Une fois la visite de la tour terminée, je redescends vers le centre ville par la rue Filbert qui se trouve sur l’autre versant de la colline. La rue Filbert a comme particularité d’être avec ses 33% de pente la route la plus à pic de San Francisco sur laquelle les voitures peuvent rouler. L’endroit le plus pentu de San Francisco est la partie de Broderick Street située entre Broadway and Vallejo Street qui est à 38% mais réservée aux piétons en forme seulement. En contrebas j’aperçois la cathédral St Peter and Paul qui est au numéro 666 de la rue Filbert ! visiblement la superstition n’est pas de mise à San Francisco ! Pour l’histoire, en 1923, alors quelle était encore en construction, la cathédrale fut utilisée pour faire des prises de vues pour le film Les Dix Commandements et en 1971, dans le tournage du film L'Inspecteur Harry.
C’est déjà 18h et la nuit commence à tomber, avant de rentrer à l’auberge, je retourne au Golden Gate Bridge afin de faire quelques photo du pont illuminé. Lorsque j’arrive au pied du pont, un grand nombre de badauds sont présents et se baladent profitant de la douceur apportée par les vents du pacifique. Dans l’eau toujours des surfeurs qui s’adonnent pendant quelques minutes encore à leur loisir avant que la nuit les contraignent à partir.
En revenant à l’auberge, je me trompe de direction en prenant le mauvais bus 28 qui m’amènera à Fort Masson dans le nord de la ville. Sans carte de la ville, j’ai pris le premier bus au hasard en direction du sud qui par chance me déposera au pied de l’auberge.
Mercredi, c’est déjà mon dernier jour à San Francisco, ce matin je me reveille avec un grand soleil. Avant de partir pour la journée, je vais prendre mon petit déjeuné. Pour ceux qui ne connaissent pas le principe des auberges de jeunesse, rebaptisée hostelling international car aujourd’hui il n’y a plus de limite d’âge, il s’agit d’hôtel créé pour favoriser la rencontre des voyageurs partageant l’idée du voyage façon routard. Le petit déjeuné est inclus dans le prix mais contrairement à un hôtel, on vous demande de nettoyer les ustensiles que vous utilisez puis de les remettre en place pour les autres. Une cuisine est aussi à votre disposition pour ceux qui veulent épater la galerie avec leurs talents de cuistot. Coté chambres, se sont des dortoirs, donc si vous avez le sommeil léger pensez aux boules quiès.
Aujourd’hui je vais voir les deux quartiers riches de San Francisco devenus célèbres par leurs architectures, Russian Hill et Nob Hill.
Situé sur une colline offrant une vue imprenable sur la baie, Russian Hill, tient son nom de l’époque de la ruée vers l’or lorsque des colons ont découvert un petit cimetière russe au sommet de cette colline.
En plus d’accueillir un bon nombre d’hôtel et de restaurant de luxe, le quartier possède aussi son petit quartier image d’Épinal de la France avec les clichés du traditionnel café-boulangerie et façades des magasins d’antan.
Au cœur de Russian Hill, je remonte Lombard Street, qui fut aménagée en zigzag afin de palier au dénivelé à cet endroit, tout en contemplant le design des superbes maisons des années 1850. En haut de cette partie serpentée, Lombard Street croise Hyde Street sur laquelle passe la fameuse attraction de San Francisco ce tramway tant connu à travers le monde, le cable. Celui-ci fut crée en 1873 et tient son nom du fait qu’il soit tout simplement tiré par un énorme câble de 4.5 cm de diamètre situé sous la route. Contrairement au bus ou métro, on peut monter à bord ou en descendre partout en cours du trajet. La seule précaution est d’attendre qu’il soit à l’arrêt. A l’occasion, le contrôleur vérifiera votre billet.
A propos du transport en commun, à moins que vous ne soyez un grand marcheur ou que vous ne sortiez pas du centre ville, l’achat d’un passe 3 jours à 17$ s’avère être vite rentabilisé. Pour exemple un déplacement (A.S.) sur les bus classiques coute 2$ et 5$ si vous utilisez le cable.
Je monte donc à bord du Cable, Shraaack le chauffeur relâche une grosse poigné au centre du wagon qui semble être le frein et la machine démarre A chaque carrefour il sonne une cloche pour prévenir les piétons de ne pas traverser. La moitié du corps à l’intérieur et l’autre à l’extérieur je parcoure Hyde Street, avant de tourner sur California Street puis roule sur 500m avant d’arriver à proximité de la majestueuse cathédrale Grace. Arrêt, tout le monde descend ! Non, en fait juste moi, pour visiter cette imposante cathédrale.
La toute première cathédrale à avoir été construite en ces lieux date de 1849 mais fut complètement détruite par le tremblement de terre de 1906. La reconstruction de l’actuelle cathédrale débutera en 1928 pour s’achever en 1964. Au sol, un labyrinthe sur le modèle de celui de la cathédrale de Chartres est dessiné. Le suivre permettrait d'atteindre un état méditatif. Les majestueuses portes d’entrée communément appelées « Ghiberti doors » sont une réplique des portes du baptistère Saint-Jean-Baptiste à Florence. Comme je quitte la cathédrale, un gentil monsieur me rattrape et tape la discute. Il m’offre un CD sur lequel il chante avec un quatuor. Il doit s’agir d’une chorale de muets car le CD n’a jamais sorti aucun son. Très reposant…. En face le parc Huntington et ses fontaines.
Je redescends sur Market street pour prendre le bus 71, arborant un look des années 60, en direction le Golden Gate Park. Pour s’y rendre, le bus passera par le quartier haight-ashbury où je ferais un arrêt obligatoire. Ce quartier de San Francisco tient son nom de l'intersection de Haight Street et Ashbury Street et fut dans les années 1960 le chef de file du mouvement hippie . Aujourd’hui les choses ont bien changées et d’après ce que je peux voir le quartier est assez loin de ce qu’il devait être en 1960.
Dès lors que je quitte la rue mythique du Flower power de Haight Street, le quartier semble plus habité par les straights (les politiquement correct) que par les hippies et le fric a définitivement enterré la pensée hippie qui était la contestation du matérialisme et du consumérisme des sociétés industrielles.
Le comble arrivera au bout de Haight Street avec, summum du libéralisme, un Mc Donald! Je dois avouer qu’en réalité, pour le promeneur affamé que j’étais, il tombait à point. En fait, dans chaque ville que je visite je fais un arrêt Mc Donald et je commande toujours le même burger le Big-Mac. Etonnamment, son goût ne varie pas d’un pays à l’autre. Une telle fiabilité ca ne peut que s’applaudir.
Après avoir mangé, je parcours Haight Street. Les boutiques, pour rester dans le style hippie du quartier, ornent leurs devantures d’une cool attitude par des enseignes au nom évocateur tel que « The Cannabis Company » et « Smoke Shop». Un peu plus loin, un tatoueur qui côtoie la boutique d’un marchant de rêve proposant de tirer les cartes ou encore de vous vendre quelques objets ésotériques qui vous apporteront la paix et l’amour.
Arrivé à l’extrémité commerciale de la rue, je tourne à droite vers Buena Vista Park, un parc créé en 1867 puis, juste à coté, me rend au Corona Heights Park qui du haut de son rocher qui culmine à 158 m offre une vue imprenable sur San Francisco.
La rue Haight se termine sur l’entrée du Golden Gate Park. Ce parc créé en 1871 devait rivaliser avec Central Park à New York. Sa superficie totale est de 4.12 km2 soit 20% de plus que Central Park et chaque année il accueille 13 millions de visiteurs. Bien que je le visite en décembre, il ne m’est pas difficile d’imaginer la beauté du parc à la belle saison.
Comme moi, les aiguilles de ma montre ont bien tournées et il est déjà 19h30. La nuit est tombée depuis plus d’une heure et c’est dans le noir complet que je quitte le Golden Gate Park. Lorsque je retourne sur Haight Street pour aller prendre mon bus, l’atmosphère semble avoir changée et la rue retrouve ses oiseaux de nuit, vendeur de produits illicites à la recherche du client. Alors que je me dirige vers l’arrêt de bus 2 types visiblement sous effet de la drogue ont voulu régler mon compte me traitant de dangereux terroriste. Tout c’est finalement bien fini car après avoir discuté entre eux à voix basse ils m’ont laissé partir en me criant « You’re lucky, go away».
Je prends le bus pour rentrer à l’auberge et c’est là dessus que se termine mon séjour de trois jours à San Francisco. Demain je vais San José une ville plus connue sous le nom de Silicon Valley.
Pour bien profiter de cette ville, une journée de plus aurait été nécessaire mais dans l’ensemble J’ai eu le temps d’apprécier les principaux coins touristiques et ressentir l’ambiance de la ville. Sans doute mériterait-elle d’être revue en été ?
Une chose est sure, San Francisco n’est vraiment pas l’ami des cyclistes ou du marcheur mal équipé comme moi. Au bout de 3 jours à crapahuter dans ce relief vraiment escarpé mes pauvres pieds me disent stop.
Jeudi, c’est mon dernier jour en Californie, demain je reprendrais l’avion vers Montréal à 6h00 du matin. L’aéroport n’est pas celui de San Francisco mais celui de San José au cœur de la Silicon Valley. Aujourd’hui c’est le 31 décembre et tandis que tout le monde se prépare pour passer en 2010, moi je dois jongler avec les services limités de trains et bus entre San Francisco et San José en cette veille de fête. Je n’ai donc autre choix que de quitter l’auberge vers 10h30. Le trajet entre les deux villes durera pas loin de 2h30. Vers 14h30, j’arrive à mon hôtel situé à proximité de l’aéroport. Il s’agit d’un hôtel typiquement nord américain avec accès aux chambres depuis l’extérieure. Je m’installe dans ma chambre avant de passe quelques coups de fils en France pour souhaiter la bonne année. Avec 9h00 de décalage les français commencent à égrainer les dernières minutes avant minuit en sortant le champagne pour faire péter le bouchon au 12eme coup. Voyager demande quelques sacrifices…
Pour sillonner la Silicon Valley, pas d’autre choix que de prendre le réseau des transports en commun car il s’agit d’une gigantesque zone industrielle avec quelques 6 000 entreprises de haute technologie dont les retombées financière représente le PIB du Chili. Pendant que le bus roule, les maisons mères des géants de l’informatique telle que Yahoo, Google, Cisco AMD ou Intel défilent devant moi. De quoi faire tripper un jeune geek en herbe.
En fait il n’y a pas grand-chose à faire et je m’arrête finalement au musée d’Intel afin de connaitre un peu plus sur l’histoire de cet ordinateur qui me permet de créer mon site web.
De retour à mon hôtel assez tôt, je regarde sur l’internet quelles sont les festivités proche de l’hôtel. Finalement je ne trouve rien à proximité et je me résigne à reste sagement à mon hôtel avec un pot de crème glacée achetée au dépanneur d’à coté et de me coucher à 21h après avoir maté Time Square passant en 2010 à la télé. Bonne Année. Demain je dois me lever à 4h pour prendre mon avion.
4 heures du mat, le réveil sonne, la douche puis direction l’aéroport. Pour trouver un vol San Jose-Montréal à très bas prix, j’ai du faire une concession avec 3 escales, un vol San Jose-Houston puis Houston- Cleveland puis Cleveland-Montréal 10heures en tout mais pour 200 dollars, c’était un bon deal. J’arriverais finalement chez moi vers 23h00.